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[Manga] Wild Adapter

Minekura Kazuya est une de mes auteurs préférées. Mais préférées dans le genre adulée à mort / je voudrais dessiner comme elle / chacun de ses artworks me fait baver. Et il n’y a pas que le dessin : Le genre d’histoire qu’elle crée est tout à fait à mon gout : Un cadre défini et interessant mais dans lequel les vrais stars de l’histoire seront les personnages, des gars au joli minois avec ce qu’il faut d’angsty et des relations toujours ambiguës mais jamais plus que ça et régulièrement des scènes de tensions extrêmes et jouissives. Sa plus grosse série, Saiyuki, suis bien ce schéma d’histoire. Mais ce n’est pas d’elle dont je vais parler aujourd’hui, car je la connais depuis si longtemps, l’ai déjà relu et revu plusieurs fois, à tel point qu’il m’est vraiment difficile de la revoir d’un œil neuf pour en parler objectivement. Par contre, Wild Adapter, c’est autre chose.

Ce manga n’a pas été publié en France, c’est pourquoi j’ai du acheter les volumes anglais chez Tokyopop. La 1ere fois que j’ai tenté cette lecture, j’ai fini par renoncer devant la relative complexité des termes. Ce n’est pas non plus du Adam Warren, mais le vocabulaire utilisé m’était bien trop souvent inconnu pour que j’arrive à lire de manière fluide. Le 3eme essais fut le bon, et j’ai enfin put lire les 6 premiers volumes de cette série pour le moment inachevée qui en compte 6 au japon, toujours en cours de publication chaotique suite aux soucis de santé de l’auteur qui limite grandement tout son travail. Arrêtée depuis 3 ans, la série va en principe bientôt reprendre sa prépublication et 2 OAV ont été annoncées il y a quelques mois dans le magazine Comic Zero Sum (En gros c’est pile le bon moment pour parler de cette série, mais c’est par pur hasard si je l’ai lu maintenant XD; )

Sur les jaquettes, les images promotionnelles, vous verrez toujours ce duo de garçons, car c’est bien autour de leur duo et de leur relation que l’histoire se crée. Pourtant, la construction de l’histoire peut surprendre, car ce n’est qu’à la fin du 1er volume que Tokito, le jeune homme à la main de monstre, entre en scène. Ce 1er volume est une longue introduction qui nous présente le personnage de Kubota dans le milieu des yakuza, et pose les bases de l’histoire à venir.

Kubota est un jeune homme charismatique et mystérieux qui évolue dans les salles de Majhong tenus par les yakuza. Ses talents au jeu et ses grandes capacité de bluff lui valent d’être remarqué par la bande de Izumo, qui lui propose d’intégrer leurs rangs. D’abord peu intéressé, le jeune homme se laisse finalement tenter par le simple argument que si il les rejoint, il pourra jouer contre des joueurs encore plus doués. Sans ciller, il exécute un homme prisonnier comme rite de passage, et devient l’un des leader de Izumo.

Ce 1er volume est entièrement porté par le charisme et le caractère intriguant et mystérieux de Kubota qui est très difficile à cerner. A de nombreuses reprises, les personnages qui gravitent autour tentent de le décrire. On sait qu’il ne s’intéresse pas aux femmes, mais pas aux hommes non plus. Qu’en vérité il aime les animaux, mais les humains, pas vraiment. Qu’il aime le jeu et selon ses propres termes « Ne se sent pas vraiment vivant s’il n’est pas face à un challenge ». Spécialement intéressé par rien, mais curieux de tout. Ne vivant que pour lui même, mais complétement masochiste.

Il apporte une console de jeu vidéo dans la planque des yakuza et y passe ses journées, flegmatique. Avant d’aller démolir un membre d’une bande rivale sans le dire à personne. Plein de contradiction et au caractère impossible à cerner, ce personnage extrême fascine son entourage et le lecteur qui essaye de le comprendre.

De sa famille, on ne sait rien, si ce n’est que son oncle est détective au sein de la police.

Ce 1er volume introduit également cette drogue mystérieuse qui donne son nom à la série, le Wild Adapter. On ne sait pas grand chose de cette drogue. Ceux qui en consomment voient leur corps se couvrir de poils, leurs main se doter de griffes, et ils finissent tous par mourir suite à l’explosion de leurs organes.

A la fin de ce 1er tome, Kubota quitte l’univers des yakuza suite à certains événements, dans un coup d’éclat que je vous laissa le plaisir de découvrir à la lecture. Et trouve dans la rue ce « chat errant », ce jeune homme à la main semblable à celle des cadavres morts suite à l’absorption du W.A : Tokito. Il faudra attendre le tome 5 pour connaitre la suite chronologique des événements, car le tome 2 se passe un an après.

On y découvre un Tokito rude dans sa spontanéité, uniquement capable « de dire la vérité » comme le dit Kubota. Ils vivent ensemble. La description du duo par un personnage secondaire de passage, une jeune femme ayant fugué suite à divers soucis avec son petit ami et héberge un court moment par Kubota, sera « A mysterious, untouchable man who seemd to float on air and his rude, arrogant little sidekick ». Kubota est toujours aussi mystérieux même si adoucis par le contact avec Tokito. Tokito lui est amnésique, il n’a aucun souvenir d’avant sa rencontre avec Kubota, et ignore tout des raisons qui ont amené sa main droite à être ainsi transformée. On apprend par la suite les effets secondaires liés à cette étrange main : Son bras droit est doté d’une force démesurée lui permettant d’arracher un panneau de circulation du béton, et parfois sa main le fait affreusement souffrir, lui faisant presque perdre conscience. Suite à certains stimuli comme l’utilisation de son vrai nom, il lui arrive de perdre le contrôle de lui même et alors seul Kubota à la cran necessaire pour le calmer.

Le tableau est posé : Nous avons un cadre passionnant et dangereux, celui des yakuza, un personnage froid qui se découvre un attachement pour son chat errant, et du angst en réserve, on peut continuer. L’histoire continue via l’introduction de personnages secondaires comme la jeune fille précédemment citée, ou le passé rattrape Kubota et le fourre dans des situations délicates. Car si la recherche de la vérité à propos du W.A est la toile de fond de l’histoire, l’enquête n’avance pas d’un poil tout au long des 6 premiers tomes. A l’instar de Saiyuki ou le voyage vers l’ouest ne semble jamais prendre fin et n’être qu’un prétexte à mettre en scène les héros lors de leur voyage, dans Wild Adapter, la recherche de la vérité sur cette drogue n’est la que pour permettre à Tokito et Kubota d’évoluer dans les eaux troubles des yakuzas. Le duo évolue, surtout Kubota qui passe du statut de personnage totalement insensible à celui d’être qui tiens à quelque chose. Chaque volume est une mini histoire centrée autour d’un personnage secondaire ou d’une situation. C’est agréable car les fins de volumes ne nous laissent pas dans l’attente du prochain (exception faite de l’envie d’en avoir plus évidemment)

Le coté « shonen ai » de l’affaire est diffus et peu mis en avant… A mon sens. Mais il est fortement appuyé lors de la promotion, que ce soit écrite ou graphique. Mais dans le manga, on ne décèle aucune attirance physique entre les 2 héros, c’est un lien au delà de ça, une attraction viscérale entre eux, de la possessivité animale. Les moments les plus fort émotionnellement sont d’ailleurs ceux ou ils ne se touchent pas ou à peine, et ou une phrase, une situation, donne une forte intensité à ce qu’il se passe, comme cette scène ou Tokito, assit dans la douche, souffre le martyr à cause de sa main et ou Kubota vient dans la salle de bain faire une lessive prétexte t’il. « Pervers » l’insulte Tokito « Mais… Reste » « Ok ». Dos à dos, séparés par la vitre, pas besoin de plus pour que l’intensité de la scène fonctionne. L’auteur se moque elle même de cet aspect très yaoi du duo lors d’une scène ou, sous écoute par un mouchard, le duo s’amuse à mimer les bruits d’un couple en plein jeu érotique alors qu’ils sont en vérité assis l’un à coté de l’autre, l’un fumant sa cigarette avec un sourire paisible aux lèvre set l’autre affichant un air totalement blasé de la situation.

Mention spéciale pour le volume 5 qui est mon volume préféré de la série car on y voit le début de la relation entre Tokito et Kubota, alors que celui-ci est encore un « animal sauvage » qui a très peur de se laisser approcher et se montre excessivement méfiant. Il va petit à petit s’ouvrir à Kubota grâce au contact d’un petit garçon nommé Shouta. C’est un petit bonhomme adorable qui n’a pas d’amis et ne sait pas spécialement interagir avec les autres. Par contre, il aime les jeux vidéo et le dessin. Il va devenir le 1er ami de Tokito et lui permettre de s’habituer au contact humain, étant mis dans le secret de l’existence même de Tokito par hasard, alors qu’il croise Kubota ramenant le jeune homme évanoui chez lui. Très curieux de cette étrange situation, Shouta va être amené à fréquenter le duo et surtout Tokito, dont la main bestiale le fascine et dont l’amnésie l’intrigue. Il décide de lui apprendre « des choses » et donc lui apprend ce qu’il connait : Les cours de son école, les jeux et les manga qu’il lit. En parrallèle, ce petit garçon laissa courir son imagination et dessine un manga inspiré par le duo. Pour ce personnage adorable et l’évolution de Tokito et le bon vieux angst des familles sur sa situation au départ, j’adore ce volume.

Wild adapter est donc un manga pour ceux qui aiment le même genre d’histoire que moi. J’ai du mal à décrire puisque comme je l’ai dit plus haut, les histoires de Minekura regroupent vraiment tout ce que j’aime et aimerais savoir faire. C’est trop cool et trop stylé, c’est du Minekura, mangez en c’est bon pour la santé.

Le trailer de l’animé de W.A qui n’a au final pas vu le jour. Ce trailer à été publié à la sortie des OAVs de « Shiritsu Araiso Kôtô Gakkô Seitokai Shikkôbu », un manga mettant en scène les personnages de Wild Adapter dans un environnement lycéens, une sorte d’univers alternatif pour le fun dont existent 2 volumes en manga.

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